samedi 4 mars 2017

Pâques ou Pâque ? (partie 12)

Au chapitre 21, la promesse de l’Eternel devient une réalité tangible et un fils naît dans la vieillesse de Sarah. Il ne s’agit pas là d’une volonté humaine, mais bien d’un geste divin, c’est Dieu qui veut qu’un fils et héritier naisse au sein du couple que Dieu a nommé Lui-même, Père des nations et Princesse. Noms théophores du Dieu d’Abraham en Canaan, qui traduisent sa volonté de révélation. Abraham et Sarah sont devenus le visage de l’Eternel, l’expression terrestre de Dieu, comme le furent avant eux Adam et Eve. Au travers de ce couple Dieu dévoile sa face et explique ce qu’il va faire dans le monde, soit agir comme un Père au sein des nations, se donner une Epouse légitime et un Fils qui soit issu de sa promesse. Ainsi les grandes lignes du plan divin sont tracées dans ce nouveau chapitre de la Bible et vont se développer au fils du temps et des générations, jusqu’à ce qu’un peuple devenu Epouse légitime, appelle son Dieu Père et le Messie promis, fils du Dieu Très Haut.

Ce qui fait l’originalité d’Abraham, c’est sa conduite en rupture avec ses pères. Il quitte sa famille et son pays, pour suivre un Dieu dont il ignore tout et pour aller dans une région qui est l’antipode du principe de civilisation. Une région où le vice atteint des sommets et où les pratiques cultuelles confèrent à l’abomination, puisqu’ils sacrifient leurs propres enfants aux dieux locaux. Mais si Dieu agit ainsi, c’est qu’Il a un plan et Il va utiliser les caractéristiques locales pour le dévoiler.

En quittant la Mésopotamie, Abram a son propre plan et pense déjà à sa succession en prenant Lot son neveu avec lui. Mais Lot ne suivra pas le Dieu d’Abraham et préférera devenir un sodomite. Navré, Abraham désignera son serviteur Eliézer comme son héritier. Au moins lui, comme son nom l’atteste, il adore le même Dieu que son maître. Mais Dieu révèle alors que seul celui qui est issu de son sang héritera de lui. Sarah propose alors sa servante, comme l’usage le permet en ce temps-là, comme mère de substitution. Cette solution humaine, portera le nom d’Ismaël. Mais là encore Dieu intervient et révèle que c’est bien de Sarah que naîtra l’héritier légitime. Il lui donne même un nom caractéristique, celui dont on rira, tant sa conception tient du miracle, Isaac.

Genèse 21 : 1 L’Eternel se souvint de ce qu’il avait dit à Sara, et l’Eternel accomplit pour Sara ce qu’il avait promis. 2  Sara devint enceinte, et elle enfanta un fils à Abraham dans sa vieillesse, au temps fixé dont Dieu lui avait parlé. 3  Abraham donna le nom d’Isaac au fils qui lui était né, que Sara lui avait enfanté. 4  Abraham circoncit son fils Isaac, âgé de huit jours, comme Dieu le lui avait ordonné. 5  Abraham était âgé de cent ans, à la naissance d’Isaac, son fils. 6  Et Sara dit : Dieu m’a fait un sujet de rire ; quiconque l’apprendra rira de moi. 7  Elle ajouta : Qui aurait dit à Abraham: Sara allaitera des enfants ? Cependant je lui ai enfanté un fils dans sa vieillesse. 8  L’enfant grandit, et fut sevré ; et Abraham fit un grand festin le jour où Isaac fut sevré. 9 Sara vit rire le fils qu’Agar, l’Egyptienne, avait enfanté à Abraham ; 10  et elle dit à Abraham : Chasse cette servante et son fils, car le fils de cette servante n’héritera pas avec mon fils, avec Isaac. 11  Cette parole déplut fort aux yeux d’Abraham, à cause de son fils. 12  Mais Dieu dit à Abraham : Que cela ne déplaise pas à tes yeux, à cause de l’enfant et de ta servante. Accorde à Sara tout ce qu’elle te demandera ; car c’est d’Isaac que sortira une postérité qui te sera propre.

Ismaël deviendra un sujet de conflit entre Abraham et Sarah. Là encore, Dieu intervient directement et tranche la question. Ismaël ne sera pas l’héritier légitime et seul le fils de la promesse restera, soit Isaac. Abraham est un homme de cœur qui s’est attaché à son fils Ismaël et c’est cet attachement qui posa problème. Au fil du temps l’affection pour Ismaël a grandi, car à mesure qu'il avance en âge, Ismaël suit toujours plus son père qui devient son précepteur direct et ils vivent ensemble le plus clair du temps, alors qu’Isaac reste dans la tente de sa mère jusqu’à l’âge de son sevrage. Ismaël est un jeune homme qui fait alors la fierté de son père, quand Isaac fête la fin de son sevrage vers cinq ans. Un jeune homme fort de l’affection de son père et fier comme le fut sa mère l’égyptienne Agar. Fierté qui confère à l’arrogance et au mépris face à son frère qui est encore un enfant attaché à sa maman. Et Ismaël rira du caractère puéril d’Isaac et se moquera de ce frère si frêle et maladroit qui court se réfugier dans les jupes de sa mère à la moindre incartade.

En Genèse 21:9, certaines traduction de la Bible hébraïque en araméen ainsi que la plus ancienne traduction syriaque de l'Ancien Testament donnent aux remarques d’Ismaël le sens de "railleries". À propos du mot hébreu tsaḥaq, le commentaire de F. Cook dit : “ Dans ce passage, il signifie probablement, comme on le comprend généralement, "rire moqueur" ayant une connotation offensante. De même qu’Abraham et Sara avait ri d’incrédulité, à présent Ismaël riait par dérision, vraisemblablement avec le désir de persécuter et de tyranniser. Tranchant la question, l’apôtre Paul, divinement inspiré, montre clairement que Ismaël ne jouait pas, mais qu’il tourmentait Isaac, qu’il le persécutait (Ga 4:29). Ce que son père Abraham voit et ne réprimande pas. Or qui ne dit mot consent, ce qui met en fureur Sarah face à l’attitude de son époux. Il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’une femme ayant un caractère aussi bien trempé que celui de Sarah, ait eu une violente dispute avec Abraham après la fête du sevrage d’Isaac. La chose est suffisamment sérieuse pour que Dieu intervienne en personne, car c’est avec Isaac qu’une alliance sera établie et non avec Ismaël. Seul le fils de la promesse sera l’héritier et il faut qu’Abraham abonde dans le sens de Sarah, voilà la volonté de Dieu. Pour Abraham le déchirement sentimental est considérable, car il aime profondément son fils Ismaël. C’est désormais la seconde fois qu’Abraham perd un fils à cause de son Dieu. D’abord Lot et maintenant Ismaël, décidément le sort s’acharne sur les sentiments paternels du « père des nations ». Il est certain que c’est dans un torrent de larmes qu’Abraham  prit du pain et une outre d’eau, qu’il donna à Agar et plaça sur son épaule ; il lui remit aussi l’enfant, et la renvoya.  Mais le pire est à venir.

Trois jours d'épreuve

Après avoir renvoyé Agar et Ismaël, le temps effaça la douleur de la séparation et lentement l'affection du père se reporta sur le seul fils qui lui restait, Isaac. La différence avec tous les autres héritiers potentiels au paravent, c'est qu'Isaac était l'objet d'une affection commune à Sarah et Abraham. Pour ce couple choisi par Dieu, Isaac le fils unique bien-aimé était même devenu l'objet de toute leur affection, d'une manière quasi exclusive. La promesse de Dieu pouvait désormais être tenue dans les bras, embrassée et tendrement câlinée. Les sourires moqueurs d'Abraham et Sarah s'étaient mués en sourires de joie.

Mais un jour, alors qu'Abraham s'était mis à l'écart pour prier son Dieu, une voix qu'il connaissait bien et qu'il aurait reconnue entre toutes, se fait entendre: Genèse 22 : 1 Après ces choses, Dieu mit Abraham à l’épreuve, et lui dit : Abraham ! Et il répondit : Me voici ! 2  Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai.

Mettez-vous à la place d'Abraham à ce moment-là. C'est comme si la foudre venait de la frapper et la consternation devait être à son comble. Certainement comme pour Lot il voulut marchander, comprendre, poser mille questions. Mais cette fois-ci il n'obtint aucune réponse et l'ordre était impératif. Quelle consternation et que dire à Sarah? Jamais elle n'accepterait et cela la rendrait folle. Certainement elle prendrait son fils et fuirait ce mari qui voulait désormais rejoindre dans leur pratique abominable les habitants de ce pays. Sarah qui avait tant de fois demandée à son mari ce qu'ils faisaient dans ce pays de sauvages barbares aux pratiques innommables. Où les razzias étaient fréquentes, car même Lot fut enlevé, c'est dire. Et ces deux rois qui l'ont voulu pour femme à cause de sa beauté? N'aurait-il pas mieux valu retourner à Charan, au milieu de la civilisation et de la sécurité? Non, non, Abraham ne pouvait rien dire à Sarah, il devait porter seul le fardeau de cette incompréhensible exigence divine. Et comment refuser d'obéir à ce Dieu qui avait anéanti deux villes pour leurs abominations?

A cause de ce Dieu qui se révélait au travers de son nom comme un Père divin, Abraham allait lui-même cesser d'être un père. Le fils de la promesse de Dieu, de toutes les promesses, allait lui être pris. Le Dieu Très Haut exigeait cet enfant pour Lui-même, car dans la fumée de l'holocauste il s'élèverait dans le ciel pour se fondre dans la nuée et faire corps avec le céleste. On ne rira plus d'Isaac, car le fils d'Abraham ne sera plus, il ne fera plus qu'un avec Dieu ce "Père Très Haut". Quand on interrogera  Abraham en lui demandant où est son fils, que pourrait-il répondre d'autre que: "il est monté au ciel". Le fils de la promesse a rejoint le Père céleste et sera devenu le fils de ce Dieu qui l'a "élevé". Comment le comprendre autrement, puisque l'holocauste est un sacrifice d'élévation traduit littéralement par « faire monter en montée ». Le bois de l'holocauste a donc pour objet "d'élever" le sacrifice en en faisant une chose sainte.

Désormais il était temps de partir: "3 Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste, et partit pour aller au lieu que Dieu lui avait dit. 4  Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit le lieu de loin." Genèse 22. Abraham ne part pas n'importe où, c'est un lieu précis et bien défini par Dieu: "MowriYah", Morija = "choisi par l'Eternel". Le patriarche connaissait ce lieu, pour y être maintes fois passé. Il s'agissait d'une série de sommets vers les montagnes où il se dirigeait. Quand il les vit de loin, l'Eternel lui en désigna une très précisément et la Bible nous indique également plus loin où cette montagne est située. 2 Chroniques 3 : Salomon commença à bâtir la maison de l’Eternel à Jérusalem, sur la montagne de Morija, qui avait été indiquée à David, son père, dans le lieu préparé par David sur l’aire d’Ornan, le Jébusien.

Il convient également de préciser ce qui motiva le choix du roi David. 1 Chroniques 21 : 1 Satan se leva contre Israël, et il excita David à faire le dénombrement d’Israël. 2  Et David dit à Joab et aux chefs du peuple : Allez, faites le dénombrement d’Israël, depuis Beer-Schéba jusqu’à Dan, et rapportez-le-moi, afin que je sache à combien il s’élève… 7 Cet ordre déplut à Dieu, qui frappa Israël. 8  Et David dit à Dieu : J’ai commis un grand péché en faisant cela ! Maintenant, daigne pardonner l’iniquité de ton serviteur, car j’ai complètement agi en insensé !... 14 L’Eternel envoya la peste en Israël, et il tomba soixante-dix mille hommes d’Israël. 15  Dieu envoya un ange à Jérusalem pour la détruire ; et comme il la détruisait, l’Eternel regarda et se repentit de ce mal, et il dit à l’ange qui détruisait : Assez ! Retire maintenant ta main. L’ange de l’Eternel se tenait près de l’aire d’Ornan, le Jébusien… 18 L’ange de l’Eternel dit à Gad de parler à David, afin qu’il montât pour élever un autel à l’Eternel dans l’aire d’Ornan, le Jébusien. 19  David monta, selon la parole que Gad avait prononcée au nom de l’Eternel… 25  Et David donna à Ornan six cents sicles d’or pour l’emplacement. 26  David bâtit là un autel à l’Eternel, et il offrit des holocaustes et des sacrifices d’actions de grâces. Il invoqua l’Eternel, et l’Eternel lui répondit par le feu, qui descendit du ciel sur l’autel de l’holocauste. 27  Alors l’Eternel parla à l’ange, qui remit son épée dans le fourreau… 22 : 1 Et David dit : Ici sera la maison de l’Eternel Dieu, et ici sera l’autel des holocaustes pour Israël.

David ne construira pas le temple de l'Eternel, ce sera son fils Salomon. Après la prière de consécration, Dieu prit possession de Sa maison à la vue de tout le peuple. 2 Chroniques 7 : 1 Lorsque Salomon eut achevé de prier, le feu descendit du ciel et consuma l’holocauste et les sacrifices, et la gloire de l’Eternel remplit la maison. 2  Les sacrificateurs ne pouvaient entrer dans la maison de l’Eternel, car la gloire de l’Eternel remplissait la maison de l’Eternel.

La montagne de MowriYah où Abraham conduit son fils est donc le lieu choisi par Dieu, où plus tard Il bâtira Sa maison, Son temple. Par Abraham c'est également le lieu choisi pour le sacrifice du fils de la promesse. La logique de Dieu étant par nature intemporelle, puisqu'éternelle, on peut donc légitimement relier les deux évènements ensemble, puisqu'ils ne sont pas le fait du hasard, surtout si l'on considère que le nom "MowriYah" n'est présent que deux fois dans la Bible. On obtient donc une association d'idées qui donne: le fils de la promesse sera sacrifié sur le lieu de l'autel du temple. Reste à savoir pourquoi! Mais poursuivons le chemin vers Morija avec Abraham.

Un fils unique voulu par Dieu, un lieu unique voulu par Dieu, pour arriver à un sacrifice unique voulu par Dieu. Mais où est donc l'agneau?

Genèse 22 : 4  Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit le lieu de loin. 5  Et Abraham dit à ses serviteurs : Restez ici avec l’âne ; moi et le jeune homme, nous irons jusque-là pour adorer, et nous reviendrons auprès de vous. 6  Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac, et porta dans sa main le feu et le couteau. Et ils marchèrent tous deux ensemble. 7  Alors Isaac, parlant à Abraham, son père, dit : Mon père ! Et il répondit: Me voici, mon fils ! Isaac reprit : Voici le feu et le bois ; mais où est l’agneau pour l’holocauste ? 8  Abraham répondit : Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l’agneau pour l’holocauste. Et ils marchèrent tous deux ensemble.

Ces trois jours où Abraham marcha vers la montagne de MowriYah furent à n'en pas douter les plus longs de sa vie. Trois jours sans beaucoup parler, mais avec la tête remplie de questions sans réponse. Trois jours à entretenir le feu qui allait consumer son fils, trois jours à ne voir qu'Isaac qui cheminait gaiement devant lui dans l'insouciance de l'enfance. Avant même son fils, Abraham se consumait doucement de l'intérieur, son cœur était déjà sur l'autel. Et pourtant il continuait d'avancer, jusqu'à ce qu'il vit le sommet de la montagne de MowriYah.

Jusqu'à là, Abraham avait espéré un revirement de Dieu, mais à cet instant il comprit qu'il devrait aller jusqu'au bout du chemin et seul avec son fils. Ce fils auquel il avait caché ses intentions et qui commençait à se poser des questions. Tous les éléments sont réunis pour un sacrifice, mais où est l'agneau? La réponse ne peut à ce stade que venir du Dieu Très Haut, puisque Dieu en est à l'initiative. Yahweh Jireh, l'Eternel pourvoira, tel est la réponse unique qui puisse être donnée. Dieu a pourvu au lieu, Il pourvoira à l'agneau, dans une logique qui dépasse l'entendement humain et même tous les sentiments qui l'animent. Abraham n'étant que l'exécuteur d'une volonté supérieure, le destin d'Isaac est exclusivement entre les mains de l'Eternel.

Portant le bois, l'agneau monte désormais vers le lieu de son calvaire. Déjà Abraham pense aux détails du sacrifice. Vais-je trouver des pierres pour un autel? Mon fils va-t-il se débattre? Serais-je seul sur le lieu? Que vais-je dire à mes serviteurs en revenant? Et Sarah…

Genèse 22 : 9  Lorsqu’ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham y éleva un autel, et rangea le bois. Il lia son fils Isaac, et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. 10  Puis Abraham étendit la main, et prit le couteau, pour égorger son fils. 11 Alors l’ange de l’Eternel l’appela des cieux, et dit : Abraham ! Abraham ! Et il répondit : Me voici ! 12  L’ange dit : N’avance pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien ; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique.

Pour Abraham c'est la fin de son épreuve et celle de son fils qui pour la première fois entend la voix de l'Eternel. Unis dans le même Verbe, le père et le fils deviennent des sujets uniques. Le Père des nations et le fils de la promesse reconstituent la face de l'Eternel que les fils de Dieu ont perverti au fil des générations. Dieu a désormais de nouveau des enfants qui peuvent se présenter dignement face à Lui. Le père et le fils sont devenus des traits divins qui révèlent la face mystique de l'Eternel, le visage de Dieu. Mais un temps viendra où le Père céleste reviendra en ce lieu avec Son fils et Lui ne retiendra pas Sa main et ira au bout du sacrifice. Mais pour cela, devra d'abord se développer l'idée d'un Père qui se donne une nation comme épouse, qui elle-même aura la promesse d'un fils qui viendra comme le Mashiah.

La vie d'Abraham souvent présenté comme le père des croyants, souligne la forme de relation que Dieu recherche dans l'homme. Une relation faite de passions et de sentiments qui dépassent ceux que l'on peut avoir avec sa femme ou son enfant. Dieu veut une relation intense, voire brûlante, entre Lui et ceux qui portent Son Esprit. Or souvent les règles et traditions religieuses étouffent et stérilisent cette passion. Le chemin qui mène vers MowriYah est celui où toutes les règles sont bouleversées et les tables renversées. Pendant qu'Abraham marche vers la montagne, il marche sur lui-même, sur Sarah sa femme et même son fils adoré, ceci afin qu'une adoration pleine et entière soit possible. L'homme de chair se meurt en chemin et laisse la place à l'homme d'esprit. L'ish originel se reconstitue et se mue en isha quand il porte vers le Père le fils de la promesse. Car qui peut porter un fils si ce n'est l'Epouse? Ainsi, tout humain qui porte en lui le fils de la promesse pour l'amener au Père comme un sacrifice de lui-même, car cela dépasse tout entendement et sentiment, celui-là seul pourra reconstituer l'alliance voulues par Dieu, l'"Alliance de feu", le berit esh qui forme le premier mot de la Bible Berechit et donne son sens à toute la Bible. Il aura fallu 2000 ans pour développer ce concept. Il faudra encore 2000 ans pour qu'une nation entière en développe le principe et encore 2000 ans pour que la Terre entière le découvre par la foi. Au final, il faudra 6000 ans pour que l'Epouse se forme progressivement dans l'humanité et comme 1000 ans sont comme 1 jour pour l'Eternel, l'Epouse conformément à la Parole se retrouve donc dans le sixième jour.

L'humanité ne s'éloigne donc pas du Bereshit, mais s'en rapproche au fil des ans qui passent. Devant nous le Père attend l'Epouse qui porte en Elle le fils de la promesse. Cette idée dépasse le clivage judéo-chrétien, car il englobe dans le temps tous les cycles de temps donnés aux juifs comme aux chrétiens. La fête de Pâque et du sacrifice de l'agneau sur le Mont MowriYah devient le lien intemporel qui unit le genre humain à Dieu pour former Son Epouse. Mais pour que cette notion se développe dans l'esprit de l'homme, il va falloir développer une classe sacerdotale qui donne tout son sens au sacrifice de l'agneau. Cette tâche incombera au peuple juif et se développera pendant les 2000 ans qui leur seront impartis.

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